“My Own Way”, un inédit d’Amy Winehouse sort de l’oubli

En 2000, alors âgée de 17 ans, Amy Jade Winehouse est encore une anonyme. Mais la Londonienne veut déjà attirer l’attention des labels. « My Own Way » fait partie de ses démos enregistrées avant la gloire.

 

Elle compose à cette époque quelques morceaux, dont certains avaient été compilés dans un disque posthume sorti en 2016, « Amy Winehouse : Unreleased Rarities ». Alors que nous ne pensions plus pouvoir écouter d’inédits de la chanteuse (toutes ses démos avaient été détruites par Universal après son décès), la vie en a finalement décidé autrement. Et quand on dit la vie, on veut dire le producteur anglais Gil Cang qui a co-écrit cette chanson avec James McMillan et Maryanne Morgan et qui a mis en ligne le 25 février 2018 ce bijou enregistré en seulement trois prises.

 

La voix de celle que l’on surnommera la Diva de la Soul, moins grave, n’est pas encore marquée par l’alcool, la drogue (héroïne, cocaïne, kétamine, ecstasy...) et leurs excès. Pourtant, elle reste reconnaissable parmi tant d’autres. Dans « My Own Way », on peut entendre le style qui fera son succès. Un morceau jazz au groove entraînant qui laisse entrevoir des influences soul et R & B. Avec seulement deux albums au compteur, la chanteuse de « Rehab » a remis au goût du jour la soul des sixties.

 

 

 

 

Après une enfance bercée par les disques d’Ella Fizgerald, de Dinah Washington et de Frank Sinatra (elle avait d’ailleurs un jeans sur lequel il était écrit « Sinatra Is God »), elle découvre le hip-hop féminin incarné par Salt-N-Pepa et TLC. Entre temps elle fonde à 10 ans avec sa meilleure amie « Sweet 'N' Sour », un groupe de rap qui ne survivra pas longtemps. Un destin plus grand (car tragique ?) l’attend. Celle dont la voix est parfois comparée à celle de Sarah Vaughan et Macy Gray connaîtra le succès en 2003 avec « Frank », son premier album. 

 

Amy Winehouse était certes une Diva de la soul, mais c’était aussi - et surtout - une « ladette », un mouvement social londonien apparu dans les années 1990. Derrière ce mot énigmatique se cachent des femmes libérées qui méprisent le « socialement correct » et l’idée que la société se fait de féminité. La jeune femme n’hésite pas à revendiquer ce statut dans ses chansons qui parlent de ses expériences amoureuses, sans censure et sans tabou. Comme c’est le cas pour « My Own Way » dans lequel elle chante « Give your love to someone else, but save some for your own self ». Oui, elle suivra son propre chemin, celui qui l’amènera à faire partie du mythique club des 27, rejoignant ainsi Jimi Hendrix, Janis Joplin, Kurt Cobain ou encore Ian Curtis.

 

 

 

 

 

Inès Ben Azouz
Publié par: 
Misk
Date de publication: 
Jeudi, mars 1, 2018 - 10:15