Aujourd’hui on discute Manchester, censure et Rudyard Kipling !
Aujourd’hui on discute Manchester, censure et Rudyard Kipling !

Écrivain prolifique à l’imagination sans limites, Kipling est connu universellement pour des ouvrages tels que le Livre de la Jungle (contes animaliers aux tendances anthropomorphiques) ou encore Si, un poème écrit pour son fils, source de réflexion et d’inspiration pour devenir un homme. Il est le premier lauréat anglais du prix Nobel de Littérature en 1907, mais pas que, de son vivant et après sa mort l’auteur était souvent sujet de controverse, considéré par certains comme apologiste du colonialisme britannique. George Orwell l’a même critiqué en 1942, le traitant « ’d’impérialiste jingo »’ et de « ’moralement insensible »’.

 

Direction nord-ouest de l’Angleterre, à l’université de Manchester, où il y’a quelques jours une peinture murale de son poème qui venait d’être installée, fût remplacé par les vers de « Still I Rise » de la poétesse Maya Angelou. Cette même jeunesse n’a en fait rien contre Si, mais s’est érigée à travers cet acte contre certaines visions de l’auteur.

 

L’acte est justifié par la vision de certains leaders du syndicat tels que Sara Khan, qui pensent que Kipling ne représente aucunement la jeunesse d’aujourd’hui, évoquant surtout ses textes colonialistes : On cite, « Nous, en tant qu’équipe exécutive, croyons que Kipling représente le contraire de la libération, de l’autonomisation et des droits de l’homme – les choses que nous, en tant que ligue, défendons. Bien connu comme l’auteur du poème racisteThe White Man’s Burden,et une pléthore d’autres travaux visant à légitimer la présence de l’Empire britannique en Inde et à déshumaniser les gens de couleur, il est profondément inapproprié de promouvoir le travail de Kipling dans notre syndicat qui porte le nom du célèbre activiste sud-africain anti-apartheid Steve Biko », écrit la jeune femme sur son Facebook.

Ceci n’est pas la première fois qu’un acte du genre se passe en Angleterre, en 2015 à l’université d’Oxford, les étudiants ont lancé une campagne visant à enlever la statue de Cécil Rodhes, magnat des mines et fervent partisan de l’impérialisme britannique. 

Un chiffre intéressant à retenir d’après M. Malik-Johnson (représentant étudiant), est que 40 % des étudiants de l’université sont étrangers, justifiant que le passé supposé de Kipling ne correspond pas à la diversité mancunienne d’aujourd’hui. 

Ahmed Krichene
Publié par: 
Misk
Date de publication: 
Dimanche, juillet 29, 2018 - 18:00