Comment le mouvement Black Is Beautiful a influencé la musique
Comment le mouvement Black Is Beautiful a influencé la musique

Mouvement culturel né aux États-Unis dans les années 60, le slogan Black Is Beautiful résonne encore dans les consciences et a su dépasser les frontières de l’Amérique pour se répandre dans le monde entier. Au-delà des droits civiques, Black Is Beautiful a également joué son rôle dans la musique.  

 

Pour comprendre l’impact de ce mouvement dans la musique, encore faut-il en saisir réellement les enjeux. Son but d’abord. Éliminer les préjugés racistes sur l’apparence physique des noirs, et encourager les Afro-Américains à ne plus « blanchir » leurs traits en se lissant les cheveux ou en se fardant le teint par exemple. Jusqu’à ce que les historiens prouvent le contraire, on a longtemps attribué la phrase devenue slogan Black Is Beautiful à l’avocat-docteur-dentiste-historien-abolitionniste (oui oui, tout ça)- John Rock qui l’aurait prononcée dans un discours en 1858. Ce mouvement a vu le jour à un moment où le racisme a atteint un tel point qu’il était internalisé par les Afro-Américains eux-mêmes. À cette époque, où il était de bon ton d’être blanc, seuls les Afro-Américains « clairs » étaient acceptés aux Paper Bag Parties – du nom des sacs en papier crafts. Parmi les différentes formes de lutte pour contrer ces pratiques, la musique.

 

Back to Basics

 

Début du XIXe siècle, l’esclavage fait rage aux États-Unis et des millions de noirs africains sont privés de leur terre pour être amenés de force au pays de l’oncle Sam. Avec eux, une des seules choses qu’ils ont pu emmener fut leur musique, ces fameuses Work Songs chantées dans les champs de coton et lors de célébrations religieuses. Gospels, spirituals, Blues et Jazz, de cette période sombre est née toute cette richesse auditive et toutes ses subtilités. Nous sommes donc en 1960 aux États-Unis et le mouvement Black Is Beautiful commence à se faire entendre, tout comme le Hard bop, ce style musical né en contradiction avec le Cool Jazz majoritairement dominé par les blancs. La lutte par la musique donc. Tempo plus lent que le bebop, le Hard bop était souvent joué par un saxophoniste ténor, un trompettiste, un pianiste, un bassiste ET un batteur. Et parmi ceux qui ont façonné ce son où la percussion est prédominante : Art Blakey et Max Roach, mais aussi Miles Davis, John Coltrane, et Thelonius Monk... Ce n’est pas tout, c’est aussi le Hard bop qui influencera le Soul jazz, mais ça, c’est une autre histoire.

 

 

 

 

 

Inès Ben Azouz
Publié par: 
Misk
Date de publication: 
Mercredi, novembre 7, 2018 - 10:30