Eden, retour aux origines de la scène électronique française

«Eden», le quatrième film de Mia Hansen-Love, a été projeté à l’IFT. S’en est suivie une conférence sur le thème : «L’utopie techno, des origines à nos jours», donnée par le journaliste et DJ, Antoine Calvino.

 

Mia Hansen-Love a essayé à travers «Eden», de revenir sur la naissance de la scène électronique française. Elle a dressé, avec beaucoup de justesse et de sensibilité, le portrait d’une jeunesse qui se cherche, qui vit ses rêves, entre insouciance, passion et surtout avec beaucoup de persévérance.

 

La réalisatrice, s’inspirant du personnage de son propre frère, lui-même DJ, nous décrit la vie de Paul. Jeune passionné par la musique Garage, tout droit venue des USA et qui se lance dans le DJing en formant le duo «Cheers» avec un ami. 

 

Paradise Garage

La première partie du film est construite sur une trajectoire ascendante, on se retrouve tout de suite plongés dans l’euphorie des années 90, avec l’explosion de la musique électro. L’action est rythmée par des morceaux phares de l’époque comme Da Funk des Daft Punk, groupe qu’on croise d’ailleurs à plusieurs reprises le long le film.

 

Sous les lumières stroboscopiques des clubs accentuant les cadences endiablées de la musique, on est témoins de l’ascension rapide mais assez éphémère que connaît Cheers.

 

 

Lost in Music

Vient par la suite une descente assez vertigineuse, de l’euphorie, on passe à la mélancolie, voire la dépression. Les deux amis vont basculer assez rapidement de l’ombre à la lumière puis de la lumière à l’ombre, détrônés par la vague de nouveaux styles musicaux apparus, et que le duo ne voulait pas suivre.

 

Descente catalysée par les drogues, des déceptions amoureuses, les relations qui n’aboutissent jamais et les problèmes d’argent; un vrai mal-être, ponctué de drames comme le suicide d’un des amis de Paul.

 

Le film, dont l’action se déroule sur une vingtaine d’années, nous fait revivre l’apparition d’un courant musical (la French Touch), à travers le récit d’une génération antisystème, vivant dans le monde de la nuit et qui a été derrière ce mouvement. Par un jeu d’acteurs juste et touchant, une mise en scène bien rythmée et sublimée par la musique qui constitue la colonne vertébrale du film, Mia Hansen-Love a réussi le pari de nous refaire vivre cette époque de l’intérieur.

 

French Touch

La French Touch, qui, pour l’histoire, est apparue après que Margaret Thatcher a interdit les Raves Party au Royaume-Uni à la fin des années 80, à cause de l’état de transe et de l’hystérie que provoque la musique répétitive chez les jeunes.

Les raves ont depuis élu domicile en France, influençant ainsi les précurseurs de la scène musicale. 

 

 

 

Souhir Hamrouni Buonomo
Publié par: 
Misk
Date de publication: 
Dimanche, mars 19, 2017 - 14:45