Hipgnosis : Les meilleurs pochettes d'albums de l'histoire (ou presque !)
Les meilleurs pochettes d'albums de l'histoire

De Pink Floyd à Led Zeppelin en passant par Black Sabbath puis Genesis... Le collectif de graphisme britannique Hipgnosis a rapidement acquis une notoriété dans le monde du rock grâce à des pochettes d'albums plus que mythique.

 

Formé en 1968 par Storm Torgherson et Aubrey Powell, ce collectif débute sa carrière avec A Saucerful of Secrets (1968), deuxième album des Pink Floyd (et premier dans lequel participe David Gilmour).

 

 

Amitiés Floydiennepuis the rest is history !

Storm a grandi à Cambridge et a étudié au lycée avec deux des membres fondateurs des PF, Syd Barrett et Roger Waters, il était également ami avec Gilmour. Quelques années plus tard, Hipgnosis est approché par les Pink Floyd pour l’illustration de l’album A Saucerful of Secrets...C’est depuis ce premier design qu’a commencé la légendaire aventure du collectif, qui s’est de suite lancé avec le studio EMI et travaillé avec des groupes comme Free et The Pretty Things.On est en 1973, The Dark Side of the Moon sort et marque l’histoire de la musique à tout jamais. Cet album-concept doit évidemment son succès à sa qualité sonore et son abord de thèmes tels la cupidité, le temps qui s’écoule, la mort et la folie (notamment en référence à la détérioration de l’état psychique de Syd Barrett). Mais le fameux prisme dispersif y estaussi pour quelque chose... Il a été inspiré par Torgherson, dessiné par George Hardie puis choisi unanimement par les membres du groupe entre 7 autres illustrations proposées par Hipgnosis. Qui ne connaît pas le prisme emblématique des Floyd ? Dark Side of the Moon est quand même le troisième album le plus vendu sur la planète. Pour l’anecdote, le dessin est né de la demande de Richard Wright de proposer quelque chose de « plus intelligent, de plus soigné et de plus chic » en référence et en comparaison à d’anciens albums des Floyd (aussi travaillé par Storm) comme Atom Heart Mother (1970) ou Meddle (1971).À partir de 1973, Hipgnosis a commencé à s’arracher les meilleurs groupes de la planète. Peter Christopherson les a rejoints un an plus tard tandis que la demande augmentait et que la boîte engageait de plus en plus de designers freelance comme Richard Evans. Pour info, Hipgnosis n’avait pas de frais fixes pour les illustrations d’albums, mais demandait aux groupes en question de payer la valeur qu’ils attribuaient au design !

 

 

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Extrait du livre "Vinyl . Album . Cover . Art: The Complete Hipgnosis Catalogue" (2017). 

 

Quelle est la recette gagnante du collectif ? 

L’approche d’Hipgnosis était orientée sur la photographie. Ils étaient pionniers dans l’utilisation de techniques visuelles liées à la manipulation photographique, qu’on pourrait aujourd’hui résumer à ce qu’on appelle le photoshopping. Ils utilisaient des caméras Hasselbad medium-format pour obtenir le format carré, adéquat à l’imagerie des pochettes d’albums. Mais pour Hipgnosis, toute l’idée résidait dans les messages de l’album et parfois même les paroles de certaines chansons : dans leurs pochettes, jeux de mots et calembours visuels étaient omniprésents pour introduire le(s) disque(s). Quant aux artistes, ils étaient souvent exposés dans les gatefolds (l’intérieur des pochettes qui s’ouvrent en deux ou en quatre) vu qu’il y a plus d’espace. En plus des techniques mentionnées, Hipgnosis se distinguait par l’utilisation d’encres spéciales pour les logos et offrait des stickers et autres pépites que les fans appréciaient. Un exemple phare ? In Through the Out Door (1979) de Led Zeppelin. Une fois que vous aurez « googlé » l’album, vous verrez un homme assis dans un bar en train de brûler une lettre, entouré d’un barman et de quelques clients... La scène a été photographiée de six angles différents et Hipgnosis en a sorti six variations de pochettes ; chaque copie (dénotée d’une lettre entre A et F) était couverte d’un papier brun pour ne pas reconnaître l’angle photographié, mais il y’avait aussi une autre surprise, le gatefold était peint d’une encre « magique » qui transformait le design intérieur (noir et blanc) en couleur si celui-ci était légèrement mouillé. C’est un album d’une importance majeure pour les collectionneurs des Led Zep. 

Le collectif s’est dissous en 1983 même si Torgherson a continué à dessiner des illustrations jusqu’à sa mort en 2013. 

 

Nos pochettes favorites du collectif : 

Genesis, A Trick of the Tail (1976)

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Climax Blues Band, Rich Man (1972)

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Pink Floyd, Atom Heart Mother (1970)

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Ahmed Krichene
Publié par: 
Misk
Date de publication: 
Vendredi, février 8, 2019 - 15:45