LABEL AFFAIRE // ROUGH TRADE, le label du groupe The Smiths
ROUGH TRADE

Dans les années 1970, le jeune Geoff Travis vient tout juste d’obtenir son diplôme de la prestigieuse université de Cambridge. Nous ne sommes pas loin de Notting Hill, ce charmant quartier de Londres célèbre pour son « coup de foudre » d’abord, mais aussi pour ses maisons colorées, roses, bleues, jaunes qui s’érigent à l’ombre des chênes....

 

Février 1976, le jeune Geoff Travis décide d’ouvrir un magasin de disques rue Kensington Park. Rapidement, Geoff Travis offre un job à un fidèle client de la boutique, Steve Montgomery, qui deviendra en peu de temps son co-manager. Juin 1977, ils seront rejoints par un troisième homme, Richard Scott. À ses débuts, ROUGH TRADE n’est encore qu’un music shop spécialisé dans le garage rock et le reggae. Mais tout ça change très vite lorsqu’un groupe français de punk appelé Métal Urbain vient leur demander de l’aide pour publier leur musique. Du coup, fin 1978 sort Paris Maquis, leur premier titre. Cet acte lancera un nouveau modèle économique pour les maisons de disque indépendantes. Réunis sous la bannière The Cartel, ROUGH TRADE et d’autres labels comme Factory Records et 2 tones Records s’associent afin de pouvoir produire des disques qui seront distribués dans toute l’Angleterre. Soit un modèle formidable basé sur l’entraide.

 

 

 

 

 

Les groupes produits par la toute jeune maison de disque sont essentiellement Punk-Rock… Mais contrairement à Alan Mc Gee du label CREATION, le mode de vie de Travis Geoof n’est ni drogue ni rock’n’roll. Au contraire, le jeune diplômé de Cambridge a tout du parfait entrepreneur et a une vision collaborative de son entreprise. Après avoir publié un single du chanteur jamaïcain Augustus Pablo et le premier EP de Cabaret Voltaire, il produit de nombreux petits groupes comme Swell Maps, Spizzoil ou encore Kleenex. 1979, ils connaissent leur premier succès grâce au 1er album du groupe de punk rock Stiff Little Fingers.Inflammable Material se classera à la 14e place de la « UK Albums Chart » et fut certifié disque d’argent - ce qui à l’époque signifiait la vente de plus de 100 000 exemplaires.

 

 

 

 

 

Le label ROUGH TRADE a connu deux âges d’or. Le premier au milieu des années 1980, lorsqu’il récupère les Smiths - quatuor de rock qui restera 5 ans chez ROUGH TRADE - vendant en moyenne un demi-million de copies par album. Avec eux, le succès est immédiat et donne à ROUGH TRADE une jolie réputation auprès des labels indie de l’époque. En 1983, le groupe au nom « passe partout » vient de se former et même s’il est sollicité par des gros labels comme EMI, c’est ROUGH TRADE qu’il choisira pour produire son 1er single Hand In Glove en mai 1983.

 

 

 

 

En 1987 les Smiths se séparent - tout comme le fera le label Rough Trade en 1991 suite à une vilaine combinaison de mauvaise gestion, d’erreurs de management, de dette et d’argent mal dépensé... Mais ROUGH TRADE connaîtra un nouveau souffle en 2000 lorsque Geoff Travis - un des fondateurs - décidera de faire revivre sa maison de disques qui fait maintenant partie du groupe Beggars. En décembre 2001, le label signe The Libertines, le groupe du dandy punk Pete Doherty… et continue encore aujourd’hui à façonner le nouveau visage de la musique pop-rock made in UK.

 

 

 

 

 

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Inès Ben Azouz
Publié par: 
Misk
Date de publication: 
Lundi, mars 4, 2019 - 11:30