LABEL AFFAIRE//Factory Records : l’épopée folle du « Madchester » à l’ère du post-punk
LABEL AFFAIRE//Factory Records

Parfois, l’histoire d’un label peut en cacher une autre. C’est le cas de la Factory Records. Nous sommes en janvier 1978 et à cette époque, le label mancunien de musique punk Rabid Records connaît un énorme succès.

 

 

Cette réussite fascinait un homme, Tony Wilson, qui croyait fermement que l’argent, le vrai argent - ainsi que le pouvoir - provenaient de la vente d’albums. Tony Wilson donc, avec Rob Gretton, Alan Erasmus, mais aussi Martin Hannet -  qui a quitté la Rabid pour fonder Factory -  installent les bureaux du label au 1er étage du bel immeuble aux briques rouges d’Alan Erasmus situé au 86 Palatine Road. Après avoir publié quelques EP et compilations, en juin 1979, ils produisent leur premier LP : Unknown Pleasures du groupe mythique Joy Division. Martin Hannet apporte au son du groupe des techniques non conventionnelles de production. Quant à l’artiste Peter Saville, il signe là sa première pochette d’album ultra-minimaliste qui deviendra sa « marque de fabrique ». 

 

 

 

 

 

 

Joy Division n’est évidemment pas le seul groupe du label, mais c’est du moins le plus important et celui qui fut le plus marquant. Un an après la publication de l’album Unknown Pleasures,une tournée aux États-Unis se prépare. Mais le chanteur de Joy Division, Ian Curtis, souffre d’une grave dépression. Il mettra fin à ses jours en mai 1979, alors qu’il n’avait que 23 ans... Quelques mois après son décès, leur single Love Will Tear Us Appart atteint le top 20 des charts UK. Ne souhaitant pas mettre fin à l’aventure Joy Division, le guitariste Bernard Sumner, le bassiste Peter Hook, et le batteur Stephen Morris décident de reformer le groupe sans Ian Curtis et sous un nouveau nom : New Order. Si personne ne s’attendait à un tel succès, leur titre Blue Monday, publié en 1983, fut pourtant un Hit international et affiche encore aujourd’hui sur YouTube des chiffres qui donnent le vertige. L’histoire de ce groupe étant étroitement liée à celle de la Factory, ensemble ils ouvrent le night-club The Hacienda en 1982. Ils transforment une ancienne usine victorienne de textile en haut lieu de la vie nocturne, de l’ecstasy et de l’alcool. Mélangeant house, rock et psychédélisme, New Order façonna le visage du son de Madchester qui vit le jour à la fin des années 1980. Plus encore, le label a permis à la ville de Manchester de devenir le nouveau centre névralgique de la musique. Exit le Liverpool des Beatles, c’est à cette époque la ville industrielle qui donne le LA de ce qu’il fait bon entendre.

 

 

 

 

 

Après avoir connu de nombreux succès dans les années 1980, les années 1990 marquent le déclin de la Factory Records qui fera officiellement faillite en novembre 1992. Un an avant, le label vivra deux tragédies, la mort de l’un des fondateurs Martin Hannett et l’assassinat du guitariste Dave Rowbotham, premier musicien signé sur le label et membre du groupe à succès The Durutti Column... Fin d’un label, mais héritage d’une légende, la Factory Records laisse au monde de la musique l’existence du son Madchester et des groupes-figures comme Happy Mondays et Cabaret Voltaire...

 

 

 

 

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Inès Ben Azouz
Publié par: 
Misk
Date de publication: 
Dimanche, février 3, 2019 - 16:30