Le récap de la 33 ème édition de la foire internationale du livre

Le discours de Chokri Mabkhout, directeur de cette 33e édition de la foire du livre est la résultante de mois de travail. L’enjeu est de taille : redonner envie aux Tunisiens de lire et les inviter « à prendre part au banquet de la pensée pétillante et au raffinement de la littérature ». Le slogan de cette année est : « Lire c’est vivre deux fois » parce que « nous aspirons à la liberté dans le berceau luxuriant des ouvrages » comme l’affirme l’auteur du « Talyani ».

 

Les Hommages

Hommage à l’écrivaine féministe et fondatrice du Club Taher Haddad, Jalila Hafsia. Suivront des hommages à Liana Badr (écrivaine et cinéaste palestinienne), Bensalem Himmich (écrivain et professeur de philosophie du Maroc) aussi, le docteur Jaber Asfour, critique et écrivain égyptien. Le prix de l’édition a été décerné quant à lui à Dar El Janoub.

 

Le Palmarès de la short list de cette 33e édition

• Prix Ali Douagi de création littéraire dans la nouvelle : Mohamed Fattoumi et son livre « Tout ce que rêve rose lunaire »

• Prix Ouled Ahmed de création littéraire dans la poésie : Ridha Laabidi “فوق رصيف بارد”, éd. Raslen édition 2017

• Prix Béchir Khraief de création littéraire dans le roman : Machina Bora Hora (Kamel Zaghbani)

• Prix Sadok Mazigh de traduction vers l’arabe : Les travaux linguistiques : recherche dans la philosophie de la langue », ouvrage de Searle dans une traduction de Amira Ghénim (centre national de traduction 2015) et l’Ouvrage de Habib Boularès « Histoire de la Tunisie. Les grandes dates, de la Préhistoire à la Révolution », Cérès, 2015 dans une traduction de Sadok Ben Mhenni.

• Prix Tahar Haddad des études humaines et littéraires : « Penser la transition avec Gramsci, Tunis (2011-2014) » Tunis, Eddiwan 2017 (Baccar Gherib)

• Prix Abdelkader Ben Cheikh a été attribué à Hafedh Mahfoudh et Mohamed Il Ghozi.

• Prix du livre d’art : « Mosaïque romaine de Tunisie », maison d’édition Nirvana

 

 

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« Machina Bona Hora » : le roman évènement "Times New Roman"">

En recevant le Prix Béchir Khraief pour son roman « Machina Bona Hora » lors de l’ouverture de la 33e édition de la Foire Internationale du Livre de Tunis, Kamel Zaghbani n’a pas raté l’occasion pour s’affirmer en tant que penseur de la marge.

On retrouve cette attitude subversive dans son roman où l’on découvre une obsession pour les personnages et leur psychisme. Des personnages qui se rencontrent, rompent et s’alignent en couches superposées, à tel point que chacun en devient le personnage principal.

L’histoire est celle d’un écrivain méconnu qui peine à se faire lire en dehors du cercle de ses amis « intellectuels ». Bien que tous lui assurent que ses livres sont importants d’un point de vue littéraire, l’auteur ne réussit ni à vendre ses romans ni à attirer la sympathie des critiques. Il décide d’y remédier en écrivant une « lettre anonyme » à un Cheikh, superstar d’une chaîne de télévision satellitaire, en y joignant une copie de son roman. Dans cette lettre, il ne manque pas de préciser qu’il est un apostat et que son roman est blasphématoire, demandant à son correspondant de l’excommunier et d’appeler à sa mort.

 

 

Interview avec Marnia Lazreg : Quand une société se féminise, elle s’humanise !

Le « butin de guerre » cher à Kateb Yacine, qui décrivait ainsi la langue française, Marnia Lazreg le revendique aussi. Elle écrit son prénom comme le prononçait le colonisateur, en roulant le « r » : Maghnia. En choisissant de porter l’histoire réelle de son nom, cette Algéro-Américaine, qui enseigne la sociologie à la City University of New York, s’est naturellement engagée dans la remise en question des notions européennes du genre.

Auteur de nombreux articles et livres dont « L’Éloquence du silence : Les femmes algériennes en question » et « La torture et le crépuscule de l’empire : d’Alger à Baghdad » édités aux États-Unis par Princton University Press, Marnia Lazreg axe ses recherches, notamment, sur l’histoire coloniale, la sociologie de l’islam et la question du genre dans les sociétés en transition. Invitée de la Foire Internationale du Livre de Tunis, elle a donné une conférence, le 25 mars dernier, sur les leçons à tirer du militantisme des femmes durant la libération et lors des révolutions populaires. Nous l’avons rencontré...

 

 

À la recherche du centre perdu

Le monde change et les livres aussi. Cette phrase qui sonne comme un banal slogan est pourtant un point de départ pour comprendre la littérature-monde. Pour sa 33e édition, la Foire du livre de Tunis aura réussi à refléter la mutation géographique de la pensée, prouvant que l’occident n’a plus le monopole des idées, car devenu la province de la réflexion postmoderne. Il s’agit là de « périph », ce mot-concept, à une échelle plus minime, dont parlent les rappeurs issus des générations d’immigrés en France, celui qui sépare Paris de la Banlieue, le passé du futur, les dominés des dominants, et si on devait appliquer le même exemple à la Tunisie, ça serait « Bab Alioua ». Qui ne connaît pas cette tristement célèbre phrase : « Tu ne dépasseras pas Bab Alioua », phrase qui s’adresse à ceux qui viennent des régions intérieures.

L’éclatement de l’espace, le chaos migratoire, et les litiges causés par la fermeture des frontières ont fait naître des chemins alternatifs dans la circulation des idées. Si la mobilité physique est réduite, celle des idées n’a jamais été aussi fluide.

Aujourd’hui, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud se distinguent dans le paysage de la philosophie, de la poésie et de la littérature et instaurent ainsi un dialogue d’égal à égal avec le Nord. La preuve en est, les derniers prix Goncourt, celui décerné à Leila Slimani, franco-marocaine pour son livre « Chanson douce », et le prix Goncourt lycéen décerné à Gaël Faye, franco-burundais, pour son livre « Petit pays ». Deux talents qui viennent de la périphérie, et non du centre franco-francophone.

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Les enfants et les livres, une histoire d’amour !

« Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et c’est fatigant, pour les enfants, de toujours et toujours leur donner des explications. » Le Petit Prince -  Antoine de Saint-Exupéry  Parce qu’ils sont l’avenir, parce que leur avis compte, nous avons demandé aux enfants ce qu’ils lisent. Ils étaient tous là, au rendez-vous, accompagnés de leurs parents à la foire internationale du livre, curieux de tout : livres, ateliers, BD et autres jeux ludiques. À la question : quel est le dernier livre qu’ils ont lu et ce qu’ils en ont gardé. Écoutez ce qu’ils nous ont dit.

 

 

Publié par: 
Misk
Date de publication: 
Dimanche, avril 9, 2017 - 21:00
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